Janvier : je réinitialise mes voeux
La nouvelle année est traditionnellement un temps propice au partage de voeux. Je profite donc de ce moment précieux de retour à soi et de « réinitialisation de nos désirs et voeux » pour partager avec vous cette citation que je garde précieusement dans mes carnets.
Depuis des années, je collecte régulièrement des pépites de sagesse qui me rappellent à l’essentiel. Celle-ci est d’un auteur que j’apprécie tout particulièrement :
Nous nous souhaitons le bonheur.
Qu’est-ce-que le bonheur? Une exploration poétique de la présence…peut-être?
S’ouvrir à l’évidence:
Et si le bonheur n’était ni une quête acharnée ni une discipline austère, mais simplement l’art de s’éveiller à ce qui est déjà là ? Cette idée, à la fois simple et révolutionnaire, ouvre une voie nouvelle dans le paysage de nos existences souvent agitées voire tourmentées . Elle ne propose ni de conquérir ni de renoncer, mais d’éclairer ce qui est là dans le présent. Il ne s’agit pas de courir après l’insaisissable, mais de reconnaître ce qui, depuis toujours, nous habite.
Cette perspective n’est pas une subtile nuance philosophique : c’est un renversement. Une proposition radicale de changement de paradigme qui pourrait bien métamorphoser notre manière d’être au monde, si nous remplaçions nos efforts par l’attention, notre besoin de recherche par l’esprit de découverte, nos attentes pour de l’ouverture.
Nous nous souhaitons l’abondance
L’abondance secrète
« Nous n’avons pas à nous priver de joie, mais à voir qu’elle ne nous a jamais manquée. »
Cette phrase, en apparence paradoxale, résonne comme une révélation dans une époque obsédée par l’accumulation en tout genre. Comment une joie peut-elle être à la fois insaisissable et toujours présente ? un élément de réponse réside dans une distinction essentielle entre deux sources de joie: les joies de circonstances fragiles et éphémères, liées aux événements, et l’autre joie — celle qui n’a pas de cause, qui ne dépend de rien, et qui persiste, silencieuse, au cœur de notre être.
Nous passons notre vie à chercher au-dehors ce qui, en réalité, ne nous a jamais quitté. Nous collectionnons les expériences comme des trophées, sans voir que la source même de la joie est inépuisable. La véritable pratique, alors, n’est pas de chercher à amasser des instants de bonheur, mais de s’ouvrir à la lumière qui les sous-tend.
Nous nous souhaitons la réalisation de nos désirs.
Les désirs sous la lumière
« Nous n’avons ni à réaliser ni à réprimer nos désirs, mais à les éclairer. »
Voilà une invitation qui nous libère de la pression des désirs et du manque. En effet, ni l’assouvissement compulsif ni la répression ne sont nécessaires. Éclairer un désir, c’est l’observer avec la curiosité attentive du naturaliste qui rencontre une espèce rare. D’où vient-il ? Quelle croyance le nourrit ? Quel vide imaginaire tente-t-il de combler ?
Sous le regard attentif, le désir perd son emprise. Il devient une vague dans l’océan de la conscience .Il nait, s’élève puis s’évanouit. Cette lucidité transforme notre rapport à l’action : nous ne sommes plus poussés par des forces obscures, ni paralysés par la peur, mais capables de choisir en accord avec une compréhension plus profonde de ce qui nous épanouit vraiment.
Nous nous souhaitons du courage
L’illusion de l’effort
« Le sentiment d’avoir à fournir des efforts est le signe d’une confusion. »
Dans une société qui glorifie l’effort, la sueur et le dépassement de soi et la réussite à tout crin, cette affirmation est dérangeante. Pourtant, elle révèle une vérité profonde : lorsque nous sommes alignés avec notre essence, l’action s’accomplit avec fluidité un peu comme l’eau s’écoule d’elle-même dans le sens de la pente. L’effort dont il est question ici n’est pas la persévérance, mais cette tension intérieure qui naît quand nous forçons notre être à devenir ce qu’il n’est pas.
La confusion, c’est de croire que le bonheur, l’amour ou l’accomplissement se méritent et s’obtiennent par l’effort. Reconnaître cette erreur, c’est s’ouvrir à un mode d’existence où nos actes jaillissent naturellement de notre compréhension, et non de la volonté de correspondre à un idéal extérieur.
Nous nous souhaitons l’amour, l’amitié en partage
La rencontre dépouillée
« Une rencontre sans attente ni direction, faite d’échanges, de silences, et de cette vibration partagée. »
Imaginez une rencontre libre de tout calcul, de toute stratégie. Une présence à l’autre qui ne cherche ni à séduire, ni à obtenir, ni à diriger. Juste être là, disponible, dans la parole comme dans le silence.
Cette « vibration » — n’est-ce pas cette résonance subtile qui naît quand deux êtres se croisent au-delà des masques sociaux ? C’est la magie d’une présence partagée, où quelque chose d’ineffable émerge, plus grand que la somme des individus. Ces rencontres, rares et précieuses, nous rappellent que la relation peut être une fin en soi : une célébration mutuelle de l’instant.
Nous nous souhaitons la plénitude
L’exploration par la plénitude
« Une exploration guidée par le pressentiment de la joie sans cause, et son incarnation dans le quotidien. »
L’exploration consiste à affûter notre sensibilité pour percevoir cette dimension, puis à laisser cette perception imprégner progressivement notre vie. L’incarnation n’est pas une métamorphose spectaculaire, mais un alignement : nos choix deviennent l’expression naturelle de cette joie reconnue. Il ne s’agit pas d’ajouter, mais de retirer ce qui obscurcit la lumière intrinsèque de notre être. Voici la pratique qui découle de cette vision : une quête non plus dictée par le manque, mais inspirée par l’intuition d’une abondance déjà présente. Ce pressentiment, c’est cette certitude ténue qu’au-delà des bonheurs fugaces existe une joie inconditionnelle, toujours accessible.
Nous nous souhaitons une nouvelle révolution…solaire
La révolution du regard
Cette odyssée intérieure nous invite à une révolution discrète : passer d’une vie tournée vers l’acquisition à une existence fondée sur la reconnaissance. Reconnaître la joie qui ne manque jamais. Éclairer nos désirs plutôt que les combattre. Désapprendre l’effort né de la confusion. Cultiver des rencontres authentiques. Explorer à partir de la certitude de notre plénitude essentielle.
Cette approche ne supprime pas les défis — elle change notre manière de les traverser. Elle suggère que notre bien-être ne dépend pas des circonstances, mais de la clarté avec laquelle nous percevons ce qui est déjà là.
Et si le véritable développement personnel n’était pas de devenir autre, mais de reconnaître ce que nous sommes déjà ? Alors la vie cesse d’être une succession d’obstacles à surmonter pour devenir une aventure joyeuse : l’actualisation progressive de cette plénitude que nous pressentons, au plus profond de nous-mêmes — cette joie sans cause, qui n’attend que notre regard pour se révéler.
Gérard Longuet



